La nuit

 

Voilà la nuit qui approche,

Avec ses sabots de gavroche

Voilà l’anxiété qui s’installe,

Sommeil et réveil à intervalles

La nuit est tombée.

 

Autour, tout est noir,

Commence le temps du désespoir,

Pas de lumière des justes,

Dans sa grandeur auguste.

La nuit est tombée.

 

Milliers de gens sans abri,

Livrés aux frasques de la nuit,

Nul ne veut les secourir,

Ni leur adresse un sourire.

La nuit est tombée.

 

Que de destins s’entrecroisent,

S’entrechoquent et se toisent,

Se détruisent l’un l’autre,

Dans le drame se vautrent.

La nuit est tombée.

Partout guette le danger,

Quoi faire pour lui échapper,

Aucun remède ne peut guérir,

Ces blessures qu’on doit subir.

La nuit est tombée.

 

La destinée du monde,

Inlassablement tourne sa ronde,

Rien, mais rien ne lui échappe,

Là où elle veut, elle frappe.

La nuit est tombée.

 

De très loin s’annonce une lumière,

Déjà la nuit fait sa prière et,

Lentement couvre de son suaire,

Les horreurs qu’il faudra taire.

La nuit s’estompe.

Voilà le jour qui se lève,

Chasse la nuit de son glaive,

Ramène du sang dans les veines,

Nous fait oublier toutes les peines.

Fini la nuit.

 

P. Meyers

© 2017 - 2018 by Paul Meyers.

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